10 mai 2008
blog le plus moche du monde
Voila un nouveau "skin" pour mon blog, fait main, en html et tout et tout. Alors, je le garde?.....
Oui, je sais :
'-_-
Bon, c'est décidé, face à mes démêlés avec le foutu code html de canablog, je change d'hébergeur pour mon blog, et tant pis pour les stats : mon nouveau blog ici
08 mai 2008
Max - 1.
« On m’a dis, surtout, tu fait pas de
pathos »
Mme Hélène Dupont-Lajoie à
l’occasion de la signature de son dernier livre
I. prologue - 31/06/2002
Ses
derniers mots sur un papier froissé au creux de sa main : «un beau jour
pour mourir », intrigante réponses aux questions que ne manquerait pas de
poser son suicide. D’aucun l’auraient dis avenant, gentil, peut être un peu
sombre à ses heures mais certainement pas suicidaire, et pour le peu que je le
connaissais j’aurais été porté à les croire si les évènements n’avivaient
parlés d’eux même. La clé de son appartement pesait lourd dans ma main, et les
questions allaient bon train sous mon crâne : comme souvent je me retrouvais
au mauvais endroit au mauvais moment. Pourquoi moi ? Je devais revenir, il
le savait, de même que ma faible aptitude à la compassion lui était
connue : je ne pleurerait pas longtemps sur ses restes. Alors si ça
n’était pour la vengeance de l’incompris, pourquoi ? Peut-être s’était-il
dis que je saurais rester pragmatique. Ouais… Autant qu’on peu l’être de bon
matin devant un corps froid. Je restait un moment avant d’appeler les pompiers,
à contempler son cadavre et l’expression impassible de son visage dans le calme
pesant de cette petite chambre, bercé par la rumeur brouillée de la ville
continuant son commerce, là bas, dehors.
Le
bruit des pompiers, le murmure des voisin jetant un coups d’oeil à l’arrachée
par la porte entrouverte, tout ce bruit qui remplissait la pièce, c’était
indécent, grouillant de vulgarité. Alors, une fois les questions terminées, je
suis parti. Escalier, rue, pub. Une pression. Le bar était vide et le serveur
la bouclait, tout à sa vaisselle. Tant mieux. Un suicide, ça n’est pas le genre
de scène que l’on contemple en spectateur anonyme : quoi qu’on ne puisse
plus rien y faire, voir rend coupable. Alors, bière après bière, j’essayais
d’effacer la scène de ma conscience.
***
II. Heartache - 19/10/2002
(a suivre...)
04 mai 2008
Pathos, mon ami
"On m'a dis, surtout, tu fait pas de pathos."
Mme Hélène Dupont-Lajoie à l'occasion de la signature de son dernier livre
De temps en temps il m'arrive de lire une microfiction (Régis Jauffret), et quoi qu'on en pense, ça fait du bien ! Plus que tout autres, les explorateurs de l'abîme m'ont toujours touchés, et leurs ouvrages figurent en bonne place sur ma table de chevet (qui tiens plus de la bibliothèque que de la table). Mais même parmi eux il y a l'élite, comme des guerriers, comme des ouvriers chargés du désamiantage, placés en première ligne. Et à ce titre Jauffret tiens méchamment sa longueur d'avance : il n'explore plus l'abîme, il la creuse ! Microfictions, c'est la vie passée au napalm. Elle l'a bien cherché.
03 mai 2008
Ahah!
On va bien s'entendre...
Allez, une petite pour la route puisqu'on est dans l'humour noir :
Qu'est-ce qui est pire qu'un bébé dans une poubelle?
- Un bébé dans deux poubelles
01 mai 2008
AloneAloneAlone. AndCrazy
Pour me rattraper de mon lamentable post de tout à l'heure, voici une petite citation d'Alexandre Tsima (++) tirée de La nouvelle que je n'ai pas écrite :
"Peut-être leurs solitude cachait-elle aussi quelque malheur enfoui, comme toutes les solitudes doivent en cacher un, puisque les malheurs ne finissent pas autrement que par la solitude."
Classe / pas classe
Ma meilleure amie a un agenda.
- Bon.
Dans cet agenda il y a une phrase de la semaine pour chaque semaine.
- Mais encore ?
Parmi les phrases de la semaine, il y a celle-ci : "qui avale une noix de coco fait confiance a son anus".
- Ah oui... Ça valais bien le coup d'en faire un post tiens. Surtout après Kundera. Qu'est-ce qu'on ferais pas pour passer le temps un premier mai...
'-_-
17 avril 2008
Insoutenable
"Qu'est-il resté des agonisants du Cambodge ? Une grande photo de la star américaine tenant dans ses bras un enfant jaune.
Qu'est-il resté de Tomas ? Une inscription : Il voulait le Royaume de Dieu sur la terre.
Qu'est-il resté de Beethoven ? Un homme morose à l'invraisemblable crinière, qui prononce d'une voix sombre : "Es muss sein !"
Qu'est-il resté de Franz ? Une inscription : Après un long égarement, le retour.
Et ainsi de suite, et ainsi de suite. Avant d'être oubliés, nous serons changés en kitsch. Le kitsch, c'est la station de correspondance entre l'être et l'oubli."
Milan Kundera, L'insoutenable légèreté de lêtre
13 mars 2008
BadDay
Rien. Glu des vapeurs d'alcool et des pensées compactes, des pensées-glus, en grappes. Plus d'actions laborieuses, et à peine un verbe : être, et encore... Il me semble encore que je suis, mais dans anesthésie d'une gueule de bois tout est difficile. Je suis au travail et je suis épuisé. Je suis... Je suis... Voilà l'écho lointain d'une voix au fond de mon crâne endoloris, si lointain par dessus le bruit des autres. Tout est distendu comme la brume grise d'un quai de gare dans un vieux film : les choses, les gestes, comme des photocopies délavées. Et cette pensée, battement lancinant à l'intérieur de mes artères, le battement de son souvenir, celui de la chaleur d'un corps, d'une peau : faible vibration d'une sensibilité, de mémoire et pourtant si réelle.
A compléter mais, plus tard, après la gueule de bois...
10 mars 2008
Godless
"Ceci compense cela".Voila la règle, la loi. Et alors que c'est la nature qui fait le mal ou le bien à travers nous, on s'applique à faire offrande à la mort de ce que l'on retire à la vie."Ceci compense cela". Et la principe ne concernerais pas nos actes pesés dans la balance secrète de notre seule existence, mais l'humanité, l'univers : un terreur me traverse que ressenti le premier enfant qui vit le premier tigre, l'ambition de réussir une affaire ou un poème c'est le rêve d'un autre qui m'a frôlé de son aile, le remords que je sens n'est peut être pas le mien, les soldat qui fêtent la victoire ignorent que la bataille fut gagnée jadis dans la trame inextricable des causes par un joueur d'échec. "Ceci compense cela". On hypothèque la douleur, on essaye de ne pas être celui que l'on est en l'honneur de la divinité qui nous a fait tels que nous sommes ; ardents et incertains, nous avançons dans les ténèbres, nous élevons des architectures de pierres, de sons, de mots, nous produisons la vie dans la mesure même où la foi fait défaut, et c'est construire l'inhabitable demeure du présent.
Comme l'ombre qui glisse sur la prairie quand les nuages s'entrouvrent, comme s'en vont certaines névralgies, certaines migraines, dégageant la peau, l'esprit, ainsi avait glissé sur elle le voile de l'au-delà la laissant seule sous le ciel vide, mais redressée et ramassée, chairs et âme, autour de la colonne vertébrale. Tant que les choses resteraient ordinaires, que rien ne viendrait raviver l'expérience de la douleur, remuer l'oubli, qu'il n'y aurait plus d'autres menaces devant elle, Dieu ne traverserait plus son esprit. On ne s'abaisse pas sincèrement au-dessous d'un certain niveau.
Hector Biancioti, Sans la miséricorde du christ, 1985
22 février 2008
PinUpsOnTheBeatch
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Ce serait un jour de coucher de soleil en Technicolor avec le bourdonnement d'un téléviseur en background. Tu porterais une courte robe verte et moi un jogging. On aurais fait les courses à Leclerc, acheté de la viande des chips et du coca, de la crème solaire et des nattes pour s'allonger sur le sable brûlant d'une plage surpeuplée. Tu aurais chaud, ton décolleté luisant de sueur, et moi, j'ai la nausée.
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C'est un jour de migraine, mais doux comme au début de l'été, le soleil en soucoupe brouillée par les nuages, dont la lumière coule comme un huile brûlante, laissant derrière elle un monde de couleurs délavées, de peintures usée à l'eau de mer. Tout y est lisse et doux, surfaces de bois flotté et odeurs de peau après le soleil
Je me rappelle des vacances d'été passées à Jullouville, lorsque j'étais enfant. Nos voisins avaient une fille d'un an plus jeune que moi et, un matin de marché je lui achetais une grosse bague en toc rouge et brillante. N'osant pas lui offrir je l'avais enterrée dans notre jardin pour faire mine de la trouver par hasard lorsque nous jouerions ensemble. Garde là, c'est toi qui l'a trouvé m'a-t-elle dis, aussi l'ai-je fourrée dans ma poche sans rien dire. Les vacances passèrent, puis il fallu retourner à Paris et, sur le départ, je lui fit au revoir par la fenêtre de la voiture. Elle pleurait.
